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Carte blanche à Jean-Louis Ezine

Carte blanche à Jean-Louis Ezine : trois questions à Guillaume de Fonclare 

Trois questions à Guillaume de Fonclare

Trois questions à Guillaume de Fonclare / © J. Falsimagne

L'écrivain Guillaume de Fonclare est le troisième invité de Jean-Louis Ezine dans le cadre de sa Carte blanche organisée par la Bibliothèque départementale du Calvados. La rencontre a eu lieu à Cairon le vendredi 7 octobre 2011.

Plus d’un an après la sortie du récit « Dans ma peau », de rencontres avec les libraires et les lecteurs, qu’en retenez-vous ?

 
J'ai évidemment été très heureux de ces rencontres, et elles m'auront aidé à admettre que j'étais, peut-être, un écrivain. J'attache une grande importance à la littérature et au travail d'écriture, qui est chez moi plutôt besogneux et austère, et même si cela fait un peu cliché, je doute beaucoup de ce que j'écris, je mets la barre très haut. La rencontre avec les lecteurs est une merveilleuse expérience, et un encouragement constant, même si j'ai souvent l'impression que la personne dont me parlent ceux qui ont lu mon livre est bien loin de celle que je suis. C'est sans doute cela, le miracle, construire quelque chose qui devient plus grand que soi.
 
En ce qui concerne les libraires, je leur suis infiniment reconnaissant. Mon livre s'est beaucoup vendu en libraire. Sans les libraires, « dans ma peau » n'aurait pas rencontré son public. Et découvrir mon livre en vitrine d'une librairie, savoir combien il a été porté et défendu par bon nombre de libraires est très émouvant. Il font un métier difficile, mais sans eux, pas de littérature, pas de livre d'auteur, pas de public, car leur formidable capacité à faire connaître et à faire aimer leurs lectures et leurs coups de cœur est irremplaçable.
 

Vous êtes invité prochainement à la bibliothèque de Cairon. Ces rencontres ont-elles une résonance sur votre travail ?

 
Bien sûr, elles ont une résonance très forte, dont la portée sur mon travail est assez paradoxale. D'un côté, cela a un effet très positif, et c'est une magnifique motivation. De l'autre, c'est un peu inhibant, car je crains de ne pas être à la hauteur des attentes qu'aura généré chez mes lecteurs ce premier récit. C'est ce que je souhaite, bien sûr, sans néanmoins en faire une fin en soi, car je n'écris pas pour satisfaire des lecteurs, j'écris en espérant que l'histoire que je raconte saura toucher des lecteurs, c'est une démarche totalement différente, je pense. Et je sais qu'inévitablement, si j'écris un deuxième livre, on le comparera au premier, et certains le trouveront réussi, meilleur, ou moins bon. J'essaie de me défaire de cette pression, mais ce n'est pas toujours facile.
 
Il reste que le contact avec le public, cette connivence, cette rencontre si particulière qui unit, l'espace de quelques minutes ou de quelques heures, un auteur et un lecteur autour d'un livre est un cadeau inestimable, et dont je savoure la richesse et l'intensité. Mais ce temps passe vite, et mon livre est entré maintenant dans une autre phase de son existence, et se construit une autre histoire entre lui et le lecteur, dont je suis de plus en plus exclu ; les rencontres comme celle de Cairon se font plus rares, ce qui est bien naturel, même si je les regrette un peu. Je sais néanmoins que mon livre continue de susciter un intérêt, et je suis ravi de savoir qu'on se le prête, qu'on le commente, et qu'ainsi, il continue à exister.
 

Quels sont vos projets littéraires en cours ?

 
Je me suis attelé depuis quelques mois à la rédaction d'un second récit, dont le sujet, je le crains, n'est guère plus folichon que celui de mon premier récit, puisqu'il s'agit ici de raconter la mort de l'un de mes amis, qui s'est suicidé sur son lieu de travail. C'est un livre de combat, bien qu'il ne s'agisse pas d'y dénoncer un système ou un mode d'organisation du travail, ou tout au moins, pas sur un ton revendicatif ; je ne suis pas fait pour écrire ce genre de chose. J'essaie de dire, avec mes mots et mes moyens, ce que fut cet ami pour moi, ce que je croyais savoir de lui, de notre amitié, et de me défaire du milliard de questions que je me pose et qui n'auront jamais de réponse... Et en évitant, autant que possible, l'emphase et le pathos ; vaste programme !

Article publié le 30 septembre 2011 par bdp.calvados.fr

A voir : présentation de "Dans ma peau" de Guillaume de Fonclare

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